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Ce Blog se consacre au développement durable en Afrique. Il diffuse des actualités, des analyses et des interviews pour décrire les réalités du développement durable en Afrique.

Pour l'Afrique, que signifie précisément l'accord de la COP21?

Pour l'Afrique, que signifie précisément l'accord de la COP21?

Ce samedi 12 décembre, les 195 pays et groupes de pays, réunis à Paris à l’occasion de la COP21, ont signé un accord historique. Un accord qui reconnaît enfin la nécessité d’agir contre le réchauffement climatique et surtout qui acte le seuil maximum de 2°C. Quel est son contenu ? Quels sont ses enjeux ? Et surtout quelles sont ses implications pour l’Afrique ?

Un accord ambitieux et équilibré

C’est en ces termes que Laurent Fabius, le ministre des affaires étrangères français, a parlé de l’accord adopté samedi. Effectivement, l’accord qui a été signé ce samedi porte de grandes ambitions. Celle de contenir le réchauffement climatique bien en deçà des 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, et même de tenter d’atteindre les 1.5°C. Celle de revoir les efforts de chaque pays tous les 5 ans à partir de 2020. Et celle d’activer l’aide financière des pays développés en faveur des pays les plus pauvres et les plus vulnérables : les pays développés formuleront un engagement financier précis en 2025, avec la possibilité pour les autres pays de contribuer s’ils le souhaitent. Il s’agit de décisions qui étaient particulièrement attendues d’autant plus que les 195 pays n’avaient pas au départ, et bien loin de là, les mêmes intérêts.

Dès lors, la satisfaction affichée par les dirigeants du monde- Barak Obama salue un accord « fort » et « ambitieux » tandis que François Hollande a estimé que « le monde a écrit une nouvelle page de son histoire- est plus que compréhensible. Et il est certain qu’un pas décisif a été franchi et que la conscience collective s’est éveillée sur la question climatique. Toutefois, l’accord est loin d’avoir résolu toutes les interrogations et particulièrement celle du comment. Car il reste flou autant sur les actions à entreprendre pour atteindre l’objectif que sur le calendrier chiffré pour l’atteindre.

La planète est t’elle pour autant sauvée ?

L’accord conclu à la COP21 sauve t’il la planète ? Pour le moment non car la question du comment n’est pas encore résolue. Les pays se sont certes entendus pour ne pas dépasser les 2°C, et même tenter d’atteindre les 1,5°C, mais les contributions qu’ils ont déposées les placent pour le moment à plus de 3°C selon les scientifiques. Et les moyens pour atteindre l’objectif ne sont pas indiqués : les scientifiques parlent certes de reboisement, d’investissements dans les énergies renouvelables, de mesures d’économies d’énergie ou encore de technologies de capture et de stockage de carbone. Mais pour l’instant, le choix est laissé aux Etats et cela implique de nombreuses questions et surtout de nombreuses inquiétudes d’autant plus que l’accord n’impose pas de contraintes réelles. Il faudra en effet attendre 2018 pour connaître le niveau d’émissions de CO2 nécessaire pour atteindre les 2°C et compter sur la bonne volonté des Etats pour améliorer leurs contributions avant le nouvel inventaire prévu en 2023. C’est seulement à partir de cette année qu’un processus de révision sera mis en place tous les 5 ans.

Tout dépend donc actuellement des Etats et de leur bonne volonté mais surtout de leurs moyens financiers pour lettre en place les mesures adéquates. Car si les pays européens ont déjà commencé à mettre en place des actions concrètes, la France vient par exemple d’inaugurer la plus grande centrale solaire d’Europe, le cas de continent comme l’Afrique reste encore à analyser.

Quels sont les gains pour l’Afrique à la COP21 ?

L’Afrique fait partie des continents les plus durement touchés par le réchauffement climatique. Ainsi, selon les Nations Unies, si rien n’est fait pour freiner le réchauffement climatique, l’Afrique ne pourra subvenir qu’à 13% de ses besoins alimentaires d’ici à 2050. De quoi menacer les moyens de subsistance de 65% de la population active du continent. Le rapport Africa Adaptation’s Gap du PNUE ajoute qu’un réchauffement de 2°C pourrait entraîner la baisse de 10% du rendement agricole de l’Afrique d’ici à 2050. Les chiffres pourraient atteindre entre 15 et 20% si le réchauffement était plus important. Les effets négatifs des changements climatiques ne touchent pas seulement l’agriculture africaine, ils ont notamment réduit de 1.4% le PIB du continent et les coûts induits par l’adaptation au changement climatique devraient atteindre 3% par an d’ici à 2030. Et c’est sans compter les réfugiés climatiques, qui commencent à être nombreux sur le continent, et les problèmes de chômage et d’urbanisation galopante dont la résolution sera désormais intimement liée avec l’état du climat.

Toutes ces raisons font de l’Afrique un continent particulièrement concerné par le réchauffement climatique et elles permettent de mieux comprendre les attentes du continent lors de la conférence. Le continent demandait notamment un financement de 11 milliards de dollars annuels minimum pour s’adapter au changement climatique. Il demandait également un soutien mondial et un apport financier de 55 milliards de dollars par an dans le secteur énergétique jusqu’à 2030. Et il demandait enfin une réduction de la hausse de température à 1.5 °C. Des exigences qui n’ont été que partiellement satisfaite puisque la hausse de température de 1.5 °C est un idéal pour le moment, l’objectif étant de 2°C, et pour les deux autres objectifs, rien n’est encore concrètement fait. Le plancher de 100 milliards de dollars, pour l’aide des pays développés en faveur de l’adaptation climatique des pays en développement, est certes accepté mais il faudra encore attendre 2025 pour connaître le montant définitif de la somme et ses modalités de décaissement. La question de l’énergie propre reste également floue tout comme d’une manière générale la question des moyens et des politiques à mettre en place pour respecter les objectifs.

Que retenir?

En conclusion, nous pouvons noter que même si l’accord le la COP21 constitue un tournant historique, il n’est que le début d’un long chemin. L'Afrique n'a certes pas réussi à obtenir l'accord juridiquement contraignant qu'elle espérait mais elle a tout de même réussi à faire entendre sa voix notamment sur le point des besoins de financement. Le combat ne fait que commencer pour convaincre les Etats de s’attaquer sérieusement au changement climatique tout comme pour convaincre le monde de soutenir le continent dans son adaptation.

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